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Autres manifestations du vieillissement 0

Les changements anatomiques et physiologiques associés à la vieillesse débutent plusieurs années avant l’apparition de leurs signes extérieurs. Plusieurs de ces altérations commencent à se manifester progressivement à partir de quarante ans et se poursuivent jusqu’à ce que l’organisme ne puisse plus s’y adapter. Le processus de sénescence, sur le plan physiologique, provoque le déclin des fonctions organiques, puis le vieillissement des tissus et de l’aspect général du corps.

Tous les muscles de l’organisme, et plus particulièrement ceux du tronc et des extrémités, s’atrophient à la longue, ce qui entraîne une détérioration du tonus musculaire ainsi qu’une perte de puissance, de force, d’endurance et d’agilité. Le poids total des muscles diminue de moitié entre 30 et 70 ans. Ce vieillissement des muscles est le résultat de l’atrophie des fibres musculaires et de l’augmentation du gras à l’intérieur du tissu musculaire. Les muscles qui perdent le plus de force sont ceux des avant-bras.

La force musculaire, à 80 ans, a baissé de 30 %. On a moins de force et de résistance à l’effort, on lève des poids moins lourds, on a moins de force pour ouvrir des pots, pour faire le ménage (passer la serpillière, passer l’aspirateur, déplacer des meubles).

Les articulations subissent elles aussi des changements : les ligaments se calcifient, s’ossifient et les articulations rapetissent parce que les surfaces cartilagineuses s’érodent. Si certaines articulations en dégénérant deviennent moins souples, d’autres au contraire deviennent plus flexibles.

Même s’ils conservent leur apparence, les os subissent aussi des modifications. Le processus de réabsorption du calcium subit un déséquilibre et le tissu osseux devient plus poreux et plus fragile à cause d’une déminéralisation constante. L’ostéoporose est aussi un des facteurs responsables de la perte des dents. Cette perte est en effet liée à une inflammation et à une déminéralisation de l’os autour de la dent. Les dents qui restent s’aplatissent et la mâchoire s’atrophie ce qui donne l’impression que les dents sont plus longues et plus espacées. La résorption osseuse des mâchoires et du maxillaire s’accentue avec l’édentation. La distance entre le menton et le nez raccourcit et les dents migrent vers l’arrière modifiant à la longue la physionomie de la personne âgée.

La réduction de la taille est aussi un phénomène attribuable au vieillissement. Il s’agit en réalité d’un raccourcissement de la colonne vertébrale (de 1,2 à 5 cm) causé par un amincissement des vertèbres dorso-lombaires par ostéoporose. Ce phénomène, plus marqué chez les femmes que chez les hommes, commence à la cinquantaine et est lié à l’interaction de différents facteurs comme l’âge, le sexe, la race et l’environnement. Ce raccourcissement de la colonne vertébrale crée un effet de disproportion, les bras et les jambes, eux, restant de longueur normale, et entraîne une déviation de la partie supérieure du thorax et une accentuation de la courbe naturelle de la colonne vertébrale (la cyphose). Pour garder son équilibre, la personne âgée doit se pencher vers l’avant et plier légèrement les genoux de façon à maintenir son centre de gravité. À la longue, les cartilages s’usent et les flexions deviennent permanentes. La cavité thoracique diminue de volume et les côtes se déplacent vers le bas et vers l’avant. Cette réduction de la cage thoracique, liée à l’ostéoporose des côtes et à l’atrophie des muscles respiratoires, diminue l’amplitude respiratoire, d’où la posture souvent observée : « le torse penché vers l’avant avec la tête inclinée vers l’arrière ». Ce repliement corporel altère l’apparence, gêne la mobilité, et accentue le raccourcissement du corps de la personne âgée.

Chez les femmes, les seins deviennent pendants, s’atrophient et les mamelons s’inversent parfois. Les glandes sébacées qui fabriquent le sébum protecteur se font moins actives et lubrifient moins la peau, qui devient sèche et cassante. Les glandes sudoripares deviennent moins actives, elles aussi, et altèrent le processus de contrôle de la température corporelle par sudation.

La perte du tissu graisseux sous-cutané est l’un des effets les plus évidents du vieillissement. Ce phénomène est commun à toutes les personnes qui vieillissent, il affecte plus particulièrement les bras et les jambes. Les tendons, les veines et les jointures des mains ainsi que les clavicules deviennent plus proéminentes, tout comme les côtes et les genoux. Le creux sous les aisselles et au-dessus des clavicules s’accentue. Les os des maxillaires se voient davantage, les pommettes deviennent plus saillantes et les orbites se creusent. Le nez, les oreilles et les lobes d’oreilles s’allongent, les paupières et les joues s’affaissent. En plus de l’atrophie et de la perte d’élasticité, la peau subit d’autres modifications. En voici quelques-unes : apparition de taches colorées sur l’épiderme (lentigo sénile), présence de purpura, d’ecchymoses à cause de la fragilité du derme et des vaisseaux, présence de télangiectasie sénile (dilatation permanente des petits vaisseaux sous-cutanés), assèchement et écaillement de la peau.

Avec l’âge, des changements au niveau de l’équilibre des hormones androgènes et œstrogènes se produisent, ils provoquent de nombreuses modifications : les poils se raréfient et tombent peu à peu ; à certains endroits, comme le pubis, les aisselles et les extrémités (pieds et mains), la perte des poils est presque complète. Cependant, hommes et femmes constatent souvent l’apparition de poils au visage, chez les femmes, ils poussent surtout sur le menton et au-dessus de la lèvre supérieure alors que chez les hommes, ce sera dans les oreilles et les narines ; ces poils disgracieux sont raides et nombreux et obligent souvent les femmes à s’épiler ou à se raser ; de plus, chez certaines personnes âgées, les poils des sourcils deviennent très épais et très raides.

Les cheveux aussi subissent des modifications très importantes au cours du vieillissement. Bien que la perte des cheveux soit un phénomène normal, elle s’accentue au fur et à mesure que l’on vieillit. La quantité de cheveux et de poils atteint son niveau maximal à 40 ans et, à partir de cet âge, commence l’inversion du processus. La calvitie, ou amincissement graduel de la chevelure, est liée à des prédispositions génétiques, raciales et hormonales, elle touche plus souvent les hommes que les femmes, et peut commencer à se manifester, parfois, dès 20 ans. En vieillissant, les cheveux changent d’apparence, se raréfient, deviennent moins épais, moins forts et ont moins de corps. Ils grisonnent progressivement, la moitié des gens de plus de 50 ans ont des cheveux gris ou grisonnants, cette décoloration est liée à la baisse d’activité des mélanocytes qui produisent la mélanine, agent de coloration des cheveux. Les ongles se modifient également, leur croissance ralentit, puis des stries longitudinales et des cannelures apparaissent sur leur surface, ces deux facteurs auxquels vient s’ajouter une baisse de la circulation périphérique font que les ongles épaississent, se dessèchent et deviennent cassants ; phénomène encore plus marqué sur les ongles des orteils.

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