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La maladie de Parkinson 0

La maladie de Parkinson touche des millions de personnes dans le monde. Même s’il est possible d’en traiter les symptômes, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif. C’est pourquoi les scientifiques étudient les moyens de prévenir, ou de traiter cette maladie, par la médecine régénérative et la recherche sur les cellules souches.

Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ne produisent pas suffisamment de dopamine, cette substance chimique permet d’envoyer des messages aux régions du cerveau qui interviennent dans le contrôle des mouvements. La maladie, également associée à la formation d’agrégats, constitués d’une forme anormale de la protéine alpha-synucléine, qui portent le nom de corps de Lewy,  détruit les cellules nerveuses qui produisent la dopamine, et que l’on appelle neurones dopaminergiques, dans une zone du cerveau appelée la substance noire. Lorsque meurent leurs neurones dopaminergiques, les patients présentent des tremblements, une rigidité musculaire et un ralentissement des mouvements. Ils peuvent aussi perdre leur odorat ou souffrir de troubles du sommeil, d’états dépressifs ; une constipation, et parfois une démence, peuvent apparaître dans les stades avancés de la maladie.

Les scientifiques sont encore perplexes sur ce qui cause la maladie de Parkinson. Dans un cas sur dix environ, l’atteinte est due à un problème génétique héréditaire qui perturbe la production de la protéine alpha-synucléine. Dans les neuf cas restants, les causes exactes sont indéterminées. La maladie touche principalement les personnes de plus de 40 ans, mais peut apparaître plus tôt. Les hommes sont plus à risque que les femmes. Certaines recherches ont établi un lien avec l’exposition aux pesticides, alors que les consommations de tabac et de café semblent diminuer le risque de développer la maladie sans qu’on en connaisse précisément les raisons.

Les traitements actuels de la maladie de Parkinson comprennent un médicament découvert dans les années 1960, appelé la Lévodopa. Ce médicament est converti en dopamine dans l’organisme où il joue le rôle de substitut. D’autres médicaments imitent l’action de la dopamine en stimulant les cellules nerveuses. Le traitement des patients intègre également alimentation saine, exercice physique, ergothérapie, physiothérapie. La chirurgie de stimulation cérébrale profonde, par implantation d’électrodes, est utilisée pour traiter les patients dont la maladie a atteint un stade avancé.

Tous ces traitements soulagent les symptômes de la maladie, mais ne sont pas capables de ralentir ou d’inverser la destruction des cellules nerveuses du cerveau. Ce qui fait qu’en dépit des traitements, les symptômes s’aggravent souvent avec le temps. Au moment du diagnostic, les patients souffrent en général de la maladie depuis des années et ont perdu la majorité des cellules nerveuses essentielles. Un diagnostic plus précoce de la maladie pourrait s’avérer utile, mais l’objectif des scientifiques reste surtout le remplacement des cellules endommagées. Comment les cellules souches peuvent-elles y contribuer ?

Bien que la cause latente de la maladie soit inconnue, les chercheurs connaissent les cellules et les régions du cerveau incriminées. Ils utilisent déjà les cellules souches pour faire pousser en laboratoire des cellules nerveuses productrices de dopamine afin d’étudier la maladie. Comme les lésions touchent un type cellulaire unique et bien défini, on peut envisager de remplacer les cellules perdues par de nouvelles cellules saines.

Des scientifiques scandinaves ont prélevé des cellules des glandes surrénales de quatre patients parkinsoniens et les ont implantées dans leur cerveau. Les glandes surrénales sont situées au-dessus des reins et contiennent des cellules qui sécrètent de la dopamine et des substances analogues. Après la greffe, les patients ont connu une certaine amélioration de leur état de santé, quoique mineure et de courte durée. Il s’agissait de la première transplantation de tissu produisant de la dopamine dans le cerveau humain.

Les scientifiques gardent l’espoir que l’introduction de jeunes cellules dans le cerveau retarde l’apparition ou la progression de la maladie. Des cellules pluripotentes induites (iPS) pourraient être produites, en laboratoire, à partir des cellules de la peau d’un patient adulte, et utilisées pour générer des neurones dopaminergiques.

En 2010, aux États-Unis,  des scientifiques ont traité des rats avec des neurones, dérivés de cellules de peau humaine produites par la technique iPS. Les neurones transplantés ont amélioré les symptômes de la maladie de Parkinson chez les rats. Les rongeurs (souris et rats) ont néanmoins besoin de moins de neurones que les humains et on ne sait pas encore très bien si cette approche fonctionnera chez les patients. D’autres études sont nécessaires pour s’assurer de la sûreté des cellules, notamment en ce qui concerne le risque de formation de tumeurs au cerveau.

Anders Björklund ainsi que d’autres chercheurs, en Suède et en Italie, ont prélevé des cellules de peau humaine et les ont converties directement en neurones dopaminergiques. On ignore encore si ces neurones seront capables de survivre et d’améliorer les symptômes de la maladie une fois transplantés chez un animal. L’objectif à long terme est de générer des neurones dopaminergiques à partir des propres cellules de la peau ou des cheveux du patient. Les thérapies à base de cellules souches, pour la maladie de Parkinson, ne sont pas encore prêtes à être utilisées chez les patients et d’autres recherches sont nécessaires avant le stade des essais cliniques.

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