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Télomérase et Cancer 0

Un cancer débute quand tout va mal dans une cellule et qu’elle a du mal à contrôler sa croissance et sa duplication. La cellule cancéreuse commence à se multiplier de façon anarchique ignorant les signaux chimiques qui lui enjoignent de s’arrêter. La plupart du temps, heureusement, les télomères continuent de raccourcir et la cellule finit sa vie. Dans certains cas, cependant, la cellule cancéreuse va trouver une façon de rallonger ses télomères. Quand cela arrive, le cancer devient alors incontrôlable et très agressif. Dans 90 % des cas, elle le fait en activant le gène de la télomérase. C’est pour cela que la recherche anticancéreuse s’est tournée vers les inhibiteurs de la télomérase et que de nombreuses molécules sont en cours d’étude.

Dans ce cas, pourquoi les spécialistes de la longévité tiennent-t-ils tellement à trouver, au contraire, des méthodes pour rallonger les télomères ? Parce que, s’il est vrai que les cancers ont besoin de la télomérase pour grandir, il est tout aussi vrai que la télomérase ne provoque pas le cancer dans les cellules saines. Ceci a été très abondement démontré dans au moins sept grandes études qui toutes s ‘accordent à dire que la télomérase n’induit pas le cancer. Les scientifiques l’expliquent de la façon suivante : on sait que, d’une manière générale, quand les télomères raccourcissent c’est mauvais signe pour la santé. Cela veut dire que les cellules entrent en état de sénescence et cela entraîne une instabilité chromosomique. Cette instabilité va provoquer des mutations qui souvent sont associées au cancer : désactivation des gènes responsables de la suppression des tumeurs et activation des gènes qui les induisent. Si dans ce contexte le gène de la télomérase est activé alors le cancer prend une allure dévastatrice !

Paradoxalement le fait que la cellule ait besoin de la télomérase pour devenir cancéreuse n’en fait pas pour autant un agent cancérigène. On a découvert qu’au contraire la télomérase pourrait contribuer à prévenir l’apparition des cancers et pas seulement parce qu’elle annule l’instabilité chromosomique mais aussi parce qu’elle accroît la longévité des cellules immunitaires, et améliore de ce fait leur capacité à détruire les cancers.

Selon des études publiées à la fin de 1999 dans le mensuel Nature Genetics, le Dr Woodring Wright, de l’Université du Texas, démontre clairement que l’ajout de télomérase dans des cellules humaines en culture ne provoque pas leur évolution en cellules cancéreuses. Au cours de ses travaux, l’équipe du Dr Wright est parvenue à multiplier des cellules humaines, en laboratoire, plus de deux cents fois au-delà de leur espérance de vie normale, sans provoquer l’apparition de cellules cancéreuses. On ne peut pas les différencier des « jeunes cellules » et elles ne présentent aucune anomalie chromosomique ni aberration des points de contrôle du cycle cellulaire.

Dans une étude parallèle, l’équipe du Dr Choy-Pik Chiu, a constaté que l’ajout de télomérase dans des cellules de souris ne provoquait pas de tumeurs malignes.

Pour le Dr Wright, les anomalies observées dans les cellules cancéreuses sont dues à d’autres mutations, la télomérase permet simplement aux cellules de continuer à se multiplier. La télomérase ne semble donc pas oncogène. Si tel était le cas les jeunes auraient bien plus de cancers que les plus âgés. Ce que l’on observe, au contraire, c’est une fréquence beaucoup plus élevée des cancers chez les personnes âgées qui montrent également des signes de sénescence cellulaire et dont le système immunitaire commence à avoir du mal à faire face aux attaques cancéreuses, qui sont journalières.

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