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Trop d’allergies alimentaires 0

Pour tout le monde la relation est évidente : vous connaissez tous quelqu’un qui a expérimenté, ou vous avez-vous même vécu, une « allergie » à un ou plusieurs aliments.

Vous le savez parce que ce type d’expérience ne s’oublie pas : vous avez mangé des crevettes et, brutalement, vous ne vous êtes pas senti bien, vous êtes devenu rouge, parfois essoufflé. Des plaques rouges sont apparues partout sur votre corps, elles vous ont énormément démangé. Si vous n’aviez pas encore saisi la relation avec les crevettes, vous alliez définitivement l’appréhender à la deuxième ingestion. À ce stade, pas besoin de test biologique, vous avez fait vous-même votre diagnostic. Mais si on vous faisait une prise de sang on constaterait une augmentation du taux des IgE (Immunoglobulines de type E), les spécialistes appellent cette allergie « Allergie immédiate de type I ».

Ce type d’allergie, s’il est le plus visible, n’est cependant pas le plus fréquent. Il existe un autre type d’allergie, plus perfide, qui se manifeste longtemps après l’ingestion des aliments et qui provoque des symptômes qui n’ont souvent rien à voir avec le système digestif ou avec les symptômes spécifiques provoqués par l’allergie de type I. Par exemple, vous allez ressentir des douleurs articulaires sans lésions visibles, ou une migraine persistante, ou encore, un eczéma, tous deux résistants aux traitements habituels. Si vous êtes en surpoids vous n’arriverez pas à maigrir, malgré tous vos efforts. Votre médecin va vous prescrire un certain nombre d’examens biologiques et des médicaments à visée symptomatique mais, tant que la cause ne sera pas décelée, les symptômes persisteront.

On appelle ce type d’allergie « Allergie retardée de type III », et c’est celle-ci qui nous intéresse ! Dans ce cas, ce sont d’autres « immunoglobulines » qui interviennent : les immunoglobulines de type G, (IgG).

Le coupable : l’intestin grêle

Pour comprendre ce qui se passe, il nous faut comprendre d’abord les relations entre l’intestin grêle et le système immunitaire. Le système digestif est un des rares organes en communication directe avec l’extérieur, et donc en contact direct avec tous les envahisseurs possibles. De ce fait, il possède, pour se défendre, un système très sophistiqué qui tapisse toute la muqueuse intestinale.

L’intestin grêle est habituellement imperméable ; en théorie, aucune macromolécule ne peut le traverser, sans avoir été décomposée, au préalable, en molécules simples. Cette imperméabilité est réalisée grâce à des jonctions serrées entre les cellules de la muqueuse intestinale.

Une exception cependant : les aliments, qui, normalement, devraient être considérés comme étrangers, peuvent recevoir un « visa d’entrée permanent » dans la mesure où ils traversent la barrière intestinale aux « check points » répertoriés ! On appelle cela « la tolérance alimentaire ». Tolérance, dans le sens où, les aliments étant indispensables à la vie, le système immunitaire baisse la garde et laisse passer ces intrus.

Mais il arrive souvent que l’intestin grêle soit fragilisé, à cause de certaines bactéries ou du fait de certains traitements connus, comme les anti-inflammatoires, les antibiotiques ou encore l’aspirine. Ces altérations provoquent une diminution de l’étanchéité entre chaque cellule, on appelle cela « hyperperméabilité du grêle », en anglais : Leaky Gut syndrome. Certains aliments, incomplètement digérés, peuvent alors traverser « illégalement » la paroi intestinale, et se retrouver dans la circulation sanguine, sans avoir de visa permanent. Le système immunitaire ne les reconnaît plus et va faire intervenir ses défenses : il va envoyer des immunoglobulines spécifiques à l’aliment concerné, spécialement taillées sur mesure et qui ne servent qu’à neutraliser cet aliment, ou ce débris d’aliment, particulier. L’aliment prend le nom d’« antigène », l’immunoglobuline le nom d’« anticorps », et la bataille s’appelle « réaction antigène-anticorps ».

Prenons un exemple : des molécules de radis, incomplètement digérées, sont passées illégalement entre deux cellules de la muqueuse digestive. Le système immunitaire envoie des anticorps « anti radis » sur les lieux (IgG anti radis), ces IgG vont attaquer l’antigène radis, en se liant à lui comme une menthe religieuse ; il s’agit d’une attaque suicide, dans laquelle les deux protagonistes vont mourir, en formant un « complexe immun » qui devra être éliminé. Chaque attaque suicide s’accompagne d’une réaction inflammatoire locale qui constitue les dégâts collatéraux. Cette réaction spécifique est habituellement banale et parfaitement gérable sans symptôme ou atteinte clinique, mais c’est justement cette absence de symptômes qui va compliquer la tâche de notre organisme. En effet, l’ingestion répétée de l’aliment antigène va entraîner une surproduction d’anticorps IgG anti radis, et provoquer une réaction inflammatoire qui va vite devenir pathologique. D’autre part, notre système d’élimination est dépassé (pathologie d’encrassage), il ne sait plus comment éliminer ces complexes immuns qu’il va finir par entreposer n’importe où ; par exemple, sous la peau ou dans les articulations.

Cette réaction immunitaire va avoir deux conséquences cliniques : une pathologie liée à des dépôts de complexes immuns d’une part et, d’autre part, une pathologie liée à l’existence d’une réaction inflammatoire chronique. Malheureusement, les symptômes liés à ces pathologies n’ont souvent rien à voir avec ceux que pourraient produire, classiquement, un aliment. Ce qui rend difficile, pour le médecin, d’établir un lien de cause à effet.

Il existe différents tests biologiques* pour découvrir quels aliments provoquent une allergie de type III. Il suffit de prélever un échantillon de sang et de l’envoyer dans un laboratoire spécialisé. Vous connaîtrez alors les aliments auxquels vous êtes intolérant, et il vous faudra les supprimer de votre alimentation, définitivement ou pendant plusieurs mois, ceci en fonction de l’importance du taux d’anticorps en circulation.

*Test Imupro. www.Imupro.fr

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