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Phosphatidylsérine 0

Les études menées pour trouver des solutions au vieillissement cérébral ont notamment permis d’identifier le rôle majeur joué par la phosphatidylsérine  dans le fonctionnement de notre cerveau. Ce phospholipide présent dans toutes les cellules se retrouve en concentration élevée dans les membranes cellulaires du cerveau.
Des anomalies des membranes cellulaires des neurones seraient l’une des principales causes des troubles de la mémoire liés au vieillissement. Dans cette hypothèse, l’administration de phosphatidylsérine permettrait de restaurer l’intégrité des membranes neuronales. Concrètement, l’action de la phosphatidylsérine au sein du cerveau consiste à améliorer la vitesse de transmission de l’influx nerveux et à rééquilibrer les niveaux de certains neurotransmetteurs, dont l’acétylcholine. Ainsi, la phosphatidylsérine permettrait de lutter contre les effets du vieillissement sur les membranes cellulaires du cerveau.

Dans notre alimentation, la cervelle des mammifères constitue la seule source connue de phosphatidylsérine directement biodisponible. Or on estime que l’apport alimentaire en phospholipides se situait auparavant entre 4 et 6 grammes par jour, mais qu’il a diminué de moitié car nous ne consommons presque plus la cervelle et les abats riches en phospholipides.
De plus, la synthèse de la phosphatidylsérine par notre organisme est complexe et demande une dépense énergétique importante qui peut être difficile à fournir en cas de maladie ou de vieillissement. C’est pourquoi un apport extérieur sous forme de supplément est recommandé pour prévenir et lutter contre toutes les formes de déclin cognitif liées au vieillissement.
Dès les années 1970, en France, en Italie, au Portugal et en Scandinavie, des extraits de cervelle animale riches en phosphatidylsérine ont été administrés à des personnes âgées afin de lutter contre différentes formes de démence, contre la perte de mémoire et contre la dépression.

Des études scientifiques de haute qualité méthodologique ont mis en avant l’intérêt incontestable de cette supplémentation pour l’optimisation du fonctionnement cognitif :

  • En 1993, un essai clinique conduit auprès de 425 personnes âgées souffrant d’un grave déclin cognitif a montré que l’administration de 300 mg par jour de phosphatidylsérine durant six mois améliorait leurs performances cognitives. (3)
    • Une série d’essais cliniques effectuée sur plusieurs années auprès d’environ 500 sujets atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence sénile, ont donné des résultats semblables. (4)
    • Un essai à double insu avec placebo auprès de 149 personnes âgées souffrant de pertes de la mémoire indique que l’administration de 100 mg de phosphatidylsérine, trois fois par jour durant trois mois, peut améliorer les résultats obtenus aux tests neuropsychologiques. (5)
    • Une étude préliminaire à double insu avec placebo auprès de dix femmes âgées souffrant de dépression nerveuse a montré que l’administration quotidienne pendant 30 jours de 300 mg d’un extrait de phospholipides cérébraux avait atténué l’intensité des symptômes de la dépression, en plus d’améliorer les performances cognitives des participantes. (6)

Selon le Dr T. Crook, du « Memory Assessment Clinic » aux États-Unis, auteur d’une importante étude multicentrique chez des patients âgés, la phosphatidylsérine a démontré son potentiel pour rajeunir de plus d’une décennie « l’horloge cognitive » de patients souffrant de troubles neurodégénératifs sévères. (7)

Certains chercheurs suggèrent également qu’une supplémentation préventive dès 40 ans, voire avant, serait encore plus bénéfique car c’est généralement à cet âge-là que le processus de déclin cognitif est enclenché.

Conseils pour choisir votre supplément nutritionnel de phosphatidylsérine

Les premières études sur les effets de la phosphatidylsérine portaient principalement sur sa version d’origine animale. Cette forme a depuis été abandonnée pour éviter les risques bactériens au profit de produits à base de soja, dont les résultats sont tout aussi prometteurs :

  • En 2000, une étude portant sur 30 sujets a été menée par des chercheurs israéliens. Après avoir suivi un protocole de traitement de 300 mg par jour de phosphatidylsérine végétale durant 12 semaines, les chercheurs ont rapporté une amélioration significative des capacités cognitives et de la mémoire chez les sujets traités. (8)
    • En 2010, une étude japonaise conduite en double-aveugle avec placebo auprès de 78 personnes âgées souffrant de troubles de la mémoire a également montré un impact bénéfique d’une supplémentation de 100 à 300 mg de phosphatidylsérine de soja pendant 6 mois. (9)

Toutes les études menées ont prouvé que la phosphatidylsérine est sans danger et sans effet secondaire. Toutefois, comme pour beaucoup de nutriments agissant sur le cerveau, il est conseillé de la prendre le matin pour éviter les troubles du sommeil.

Le protocole généralement recommandé par les thérapeutes est une cure de 300 mg de phosphatidylsérine pure pendant un mois, suivie d’une dose d’entretien de 100 mg par jour pendant 3 à 5 mois (voire indéfiniment en cas de troubles cognitifs ou de la mémoire avérés).

Pour les personnes souffrant de dépression hivernale, de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson, certains thérapeutes prescrivent des protocoles de 300 à 500 mg à prendre chaque jour et sans limite de durée.

Sources :

(3) Cenacchi T, Bertoldin T, et al. Cognitive decline in the elderly: a double-blind, placebo-controlled multicenter study on efficacy of phosphatidylserine administration.Aging (Milano). 1993 Apr;5(2):123-33.
(4) Heiss WD, Kessler J, et al. Long-term effects of phosphatidylserine, pyritinol, and cognitive training in Alzheimer’s disease. A neuropsychological, EEG, and PET investigation.Dementia. 1994 Mar-Apr;5(2):88-98. Delwaide PJ, Gyselynck-Mambourg AM, et al. Double-blind randomized controlled study of phosphatidylserine in senile demented patients.Acta Neurol Scand. 1986 Feb;73(2):136-40.
(5) Crook TH, Tinklenberg J, et al. Effects of phosphatidylserine in age-associated memory impairment.Neurology. 1991 May;41(5):644-9.
(6) Maggioni M, Picotti GB, et al. Effects of phosphatidylserine therapy in geriatric patients with depressive disorders.Acta Psychiatr Scand. 1990 Mar;81(3):265-70.
(7) T.H. Crook. Treatment of Age-Related Cognitive Decline: Effects of Phosphatidylserine in Anti-Aging Medical Therapeutics, Vol II, edited by R.M. Klatz, Health Quest Publications, Chicago,1998:20-29. T.H. Crook, J. Tinklenberg, J. Yesavage, W. Petrie, M.G. Nunzi, D.C. Massari. Effects of phosphatidylserine in ageassociated memory impairment. Neurology. 1991;41:644-649.
(8) Schreiber S, Kampf-Sherf O, et al. An open trial of plant-source derived phosphatydilserine for treatment of age-related cognitive decline. Isr J Psychiatry Relat Sci. 2000;37(4):302-7.
(9) Kato-Kataoka A, Sakai M, Ebina R, Nonaka C, Asano T, Miyamori T.Soybean-derived phosphatidylserine improves memory function of the elderly Japanese subjects with memory complaints.
J Clin Biochem Nutr 2010, 47: 246-55.

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