Cellules souches, Médecine régénérative et Thérapie Cellulaire

On a beaucoup parlé des cellules souches dans les médias, mais il y a encore beaucoup de confusion dans l’esprit des lecteurs,

surtout lorsque l’on parle de cellules souches embryonnaires. Les cellules souches (en anglais Stem Cells) sont, comme leur nom l’indique, à l’origine de toutes nos cellules. Tout commence par la fusion entre le spermatozoïde champion, qui a trouvé sa voie, et a fertilisé l’ovule tant courtisé. Cette fusion va donner naissance à la première cellule humaine, on l’appelle « zygote », et elle est aussi notre première cellule souche embryonnaire. Très vite, cette cellule se duplique, et donne naissance à un groupe de cellules qui forment le blastocyste, à l’origine de tous nos organes. Ce blastocyste a un rôle capital, c’est lui qui fabrique en effet les trois tissus fondamentaux qui vont former notre corps, les, mésoderme, endoderme et ectoderme. Les cellules qui forment ce blastocyste sont dites totipotentes, car elles ont la capacité de fabriquer les tissus embryonnaires à l’origine de la vie humaine.

Au bout d’une semaine, une fois les trois tissus formés, chacun d’eux va donner naissance à une nouvelle race de cellules souches, on les appelle « cellules souches adultes multipotentes ». Ces cellules sont capables de prendre la forme et la fonction de toute cellule spécialisée. Elles participent donc activement au développement du fœtus.

La grande différence entre cellules souches embryonnaires et cellules souches adultes réside dans leur pouvoir : illimité pour les premières (clonage possible), il est plus limité pour les autres. Le terme adulte peut être source de confusion ; en effet, bien qu’adultes, ces cellules n’apparaissent que sept jours seulement après la conception. Il est délicat d’utiliser des cellules embryonnaires car elles proviennent d’embryons humains, avec toutes les conséquences éthiques que cela entraîne ; mais les scientifiques ont déjà résolu le problème, ils convertissent des cellules souches adultes en cellules souches embryonnaires.

L’utilisation des cellules souches adultes a révolutionné le monde médical à partir du moment où on s’est aperçu que nous en avions un stock réparti un peu partout dans notre corps, certes dans la moelle épinière mais aussi dans la graisse abdominale ! On savait depuis des années utiliser les cellules souches en pratiquant des greffes de moelle sur les patients atteint de leucémie, mais on se heurtait à deux problèmes très sérieux, celui de la compatibilité tissulaire du donneur ainsi que celui du traitement antirejet, très agressif pour le reste des cellules.

Aujourd’hui, ces problèmes sont quasiment résolus. On pratique des autogreffes, en utilisant les propres cellules souches du patient et en les lui réinjectant à un autre endroit du corps. Ces autogreffes ont radicalement changé le pronostic de certaines maladies. On peut ainsi utiliser nos propres cellules souches adultes pour traiter nombre de nos maladies : on a traité des cécités, en injectant ces cellules dans le globe oculaire de patients aveugles ; on a évité certaines greffes du cœur, en injectant ces cellules dans le cœur des candidats à la greffe ; on traite régulièrement les athlètes, en injectant leurs cellules souches dans leurs articulations, tellement endommagées par l’effort extrême. De cette façon, on leur donne plusieurs années supplémentaires dans l’arène professionnelle. On a de très bons résultats expérimentaux dans le diabète, la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer, l’autisme, les maladies inflammatoires, comme les maladies auto-immunes. C’est ainsi que l’utilisation des cellules souches s’étend progressivement à tous les domaines de la médecine et de la chirurgie.

Récemment, des chercheurs français de l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier, ont réussi à reprogrammer des cellules sénescentes (c’est-à-dire des cellules incapables de se dupliquer, car trop âgées), en cellules souches pluripotentes induites (dites cellules IPS). C’est-à-dire des cellules vierges ou généralistes, qui présentent tout à la fois la capacité de se dupliquer très vite, ainsi que l’aptitude à devenir n’importe quelle cellule spécialisée de l’organisme (cellules de la peau, du cerveau, du cœur etc.) À la clé de ces travaux, il y a évidemment des applications importantes ; car un tel résultat porte en lui la possibilité de pouvoir un jour guérir des patients âgés, en régénérant leurs tissus malades à l’aide de cellules prélevées sur leur propre organisme (par exemple des cellules de la peau ou de la graisse). Il se pourrait bien que nos cellules souches renferment le secret de la fontaine de Jouvence que tant de scientifiques n’ont cessé, et ne cessent, de chercher.

Malheureusement, ces cellules souches adultes subissent aussi le vieillissement cellulaire. Elles non plus ne sont pas éternelles, et il arrive un moment où elles ne peuvent plus jouer leur rôle. De sorte que si les scientifiques trouvaient un moyen de freiner, voire de stopper, leur vieillissement, cela aurait un impact capital sur notre santé et sur notre longévité.

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