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Activité physique et expression génétique 0

L’activité physique change la régulation des gènes du tissu adipeux, lorsque des personnes non sportives se mettent à pratiquer une activité physique, elles peuvent changer leur épigénome. Charlotte Ling et ses collègues, de l’Université de Lund, Suède, ont entrepris de regarder ce qui se passait dans la graisse, ce tissu qui stocke l’énergie. Leur étude montre que l’activité physique influence les gènes qui sont impliqués dans l’obésité et le diabète de type 2. L’activité physique induit donc des changements épigénétiques, à ce niveau précis, dans le tissu adipeux.

Des chercheurs suédois ont cherché à savoir s’il était possible de modifier favorablement, grâce à la pratique régulière d’un sport, l’expression des gènes des cellules adipeuses. Pour cela, ils ont enrôlé trente hommes, initialement peu actifs, proches de la quarantaine. La moitié d’entre eux ayant des antécédents familiaux de diabète, car les chercheurs voulaient savoir si l’exercice physique pouvait, outre son rôle sur les gènes de l’obésité, modifier également l’expression des gènes impliqués dans cette pathologie. Pour ce faire, une biopsie de graisse abdominale a été réalisée au début de l’étude puis une autre six mois plus tard, et le niveau d’expression des gènes a été mesuré par la méthylation de l’ADN, qui traduit un blocage de l’activité. Les résultats, publiés dans la revue en ligne PLOS Genetics, confirment l’amélioration attendue. « C’est la première fois que l’on démontre que l’exercice physique, à raison de deux séances par semaine pendant six mois, peut modifier la méthylation de plus de 7 000 gènes contenus dans les cellules adipeuses d’hommes d’âge moyen », explique Charlotte Ling. Une amélioration qui se voit aussi dans des paramètres plus classiques, ajoute la chercheuse : « réduction du rapport taille-hanches, augmentation de la condition physique, diminution de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque. »

Pourquoi s’intéresser aux cellules adipeuses ? Avant tout parce qu’elles jouent un rôle très actif, au carrefour des différents métabolismes de notre organisme. La graisse, autrefois considérée comme un simple réservoir passif d’énergie, est désormais vue comme un véritable organe endocrine, capable de sécrétions hormonales, au même titre que la thyroïde ou le pancréas.

Des chercheurs suédois de l’équipe de Carl Johan Sundberg ont eu recours à une méthode inédite : 23 jeunes hommes et femmes ont pédalé 45 minutes, quatre fois par semaine, pendant trois mois, en n’utilisant que la seule et même jambe. Pour chaque volontaire, la jambe non entraînée jouait ainsi le rôle de témoin, puisqu’elle présentait, comme la jambe entraînée, les méthylations dues à l’âge ou encore aux habitudes alimentaires. Les différences observées entre les deux jambes, par contre, n’ont pu être induites que par l’exercice physique. Si la puissance de la jambe a évidemment augmenté, avec l’entraînement, chez tous les participants, c’est dans les cellules musculaires que le résultat est le plus impressionnant. Des différences sont observées sur plus de 5 000 sites d’ADN, impliqués notamment dans la formation des muscles, l’apport d’énergie, les mécanismes inflammatoires et les processus immunologiques. Ces sites sont modulés par la pratique sportive selon un schéma identique chez tous les volontaires.

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